samedi 15 septembre 2012

Tout savoir sur le crowdfunding


Tout le monde en France a entendu à la radio la fameuse chanson de Grégoire "Toi + Moi". Et bien cette chanson a pu être produite grâce à un procédé de financement original : le crowdfunding !


Alors, qu'est-ce que c'est le crowdfunding. La traduction littérale pourrait être "financement par la foule", ou de manière plus correcte "financement communautaire". Nous voilà donc plongé dans l'univers des communautés qui semble être la tendance forte de ces prochaines années.

Mais pour aller plus loin, il faut d'abord savoir d'où on vient. Quelles sont les origines du crowdfunding ? Ensuite il faut voir où on en est aujourd'hui et quels sont les acteurs majeurs dans ce mode de financement des entreprises original. Et puis, et surtout, est-ce un modèle viable et amené à se développer ?

Origines

Comme souvent, les meilleurs idées du XXIème siècle ont déjà été inventées il y a longtemps et c'est notre technologie actuelle et l'évolution sociétale associée qui lui donne une seconde jeunesse.

Ainsi, le financement communautaire a vu le jour au XVIIIème siècle et était quasi-exclusivement présent dans le domaine des actions de charité.
Puis, les années passant, internet a permis, grâce à la mise en relation plus rapide de plus de personnes, de développer ce système très rapidement. 

Au début, de sa nouvelle jeunesse, le crowdfunding a permis principalement le financement d'oeuvres dans le domaine artistique (films, chansons, etc.).
Mais, avec le temps, des investisseurs se sont rendus compte que ce mode de financement pouvait être une alternative efficace et rentable aux modes de financement classiques pour des projets dans le domaine du numérique ou plus industriels.
  

Etat des lieux

Actuellement, on compte plusieurs acteurs spécialiés dans tel ou tel domaine, comme celui de la production musicale pour My Major Company, mais également des acteurs plus généralistes.

Parmi les plus connus, on peut citer Kickstarter aux Etats-Unis, mais aussi, pour la France Babeldoor, Kisskissbankbank et Ulule.

Le moyen le plus efficace pour entrer en contact avec les plateformes proposées par les opérateurs du crowdfunding est de s'y inscrire.
L'inscription à ces plateformes est généralement gratuite aussi bien pour les souscripteurs que pour ceux qui souhaitent déposer un projet.

Le modèle économique généralement pratiqué est le suivant :
  • la rémunération de l'acteur du crowdfunding se fait sur la base de la perception d'une commission sur les opérations réussies ainsi que par les gains réalisés sur de la publicité contextuelle ou sur la facturation de services annexes (conseils, mise en forme, communication, etc.), mais également par le partenariat avec des sociétés de production ou des banques
  • la rémunération des souscripteurs se fait par le versement d'une participation aux bénéfices.
En revanche, il n'existe pas de garantie pour les souscripteurs que le projet auquel ils souhaitent participer leur rapporte de l'argent en retour. C'est d'ailleurs un des points faibles du système car le risque pour le souscripteur, dans le cas d'une création artistique ou du lancement d'une startup dans l'économie numérique, est de ne jamais récupérer sa mise de départ.

A ce jour, on constate une vraie croissance des sommes investies dans ce modèle puisqu'en France on est passé de 500 000 € investis à plus de 7 M€ en 2011, ce qui place d'ailleurs la France au troisième rang des pays pratiquant le crowdfunding derrière les Etats-Unis et les Pays-Bas.

Pour ceux qui veulent être au fait de l'actualité du crowdfunding, je les engage à se rendre sur la page de Karine Durand-Garçon sur ce thème !

Perspectives

A priori les perspectives du crowdfunding sont bonnes et on est en droit d'être optimiste sur sujet, même si les modèles économiques risquent d'évoluer à terme vers des modèles garantissant une rentabilité plus importante.

Je pense que les perspectives sont bonnes pour deux raisons très simples :
  • il existe une tendance qui se dégage fortement depuis quelques années, renforcée par la puissance d'internet, qui consiste à vouloir limiter le nombre d'intermédiaires entre le producteur et le consommateur. Et je pense que le crowfunding est tout à fait dans cet état d'esprit où au final, le consommateur participe financièrement, à la création, à la croissance et au succès de l'entreprise qui va produire des biens ou des services qu'il va acheter ! C'est pour moi le summum dans la relation client-fournisseur !
  • les acteurs du marché sont convaincus de leur modèle et l'histoire a montré que, souvent, la conviction et la persévérance de certains, permettaient de renverser des montagnes.
 
Pour conclure, je citerais Nicolas Dehorter, qui connaît très bien le sujet du crowdfunding et qui a publié des ouvrages sur ce sujet, dans un commentaire dans un article du blog de Guilhem Bertholet sur ce thème :
Tous les nouveaux usages, que cela soit le crowdfunding ou les communautés collaboratives et créatives ( Flattr, Kachingle) sont encore très loin d’être adoptés par le grand public. Il en résulte des tailles de marché très réduites et une rentabilité incertaine. Ainsi, Si vous voulez être certain de gagner de l’argent, misez sur une hausse du prix du pétrole ou acheter de l’or. Si vous voulez par contre vous positionner sur des usages avant-gardistes et véhiculer une image d’innovateur, tournez-vous plus tôt vers ces usages prometteurs (tout en maîtrisant l’investissement initial et les coûts d’exploitation) et là… je vous conseille souvent d’être très patient)….

Et vous, pensez-vous un jour développer un projet en utilisant le crowdfunding ?

Pour aller plus loin :


           

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