jeudi 17 août 2017

Banques ou investisseurs ? A vous de choisir …



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Pour disposer de fonds, une entreprise n’a au final que deux possibilités, avoir des clients qui paient pour ses services ou ses produits ou obtenir des fonds auprès d’organismes financeurs.




Ces organismes peuvent se classer en trois catégories :
  • ceux qui donnent de l’argent sans réelle contrepartie
  •  ceux qui prêtent de l’argent
  • ceux qui donnent de l’argent en échange d’une partie de l’entreprise

Finalement on retrouve les mêmes catégories que dans le crowdfunding, sauf qu’ici, la foule est remplacée par des institutions.

Vous aurez bien entendu reconnu les banques dans le rôle de ceux qui prêtent de l’argent et les investisseurs (Business Angels ou fonds d’investissements) dans le rôle de ceux qui en donnent en échange d’une partie de l’entreprise.


Le choix à faire

En France nous avons naturellement tendance à aller voir la banque lorsque nous avons besoin d’argent. Ce réflexe est différent aux Etats-Unis par exemple où les entreprises cherchent en priorité des investisseurs.

Ainsi, comparer la « complexité » française pour « lever des fonds » avec la (relative) simplicité pour le faire aux Etats-Unis tient d’abord à cette différence culturelle. Au fond, le système s’adapte à la demande …

Par ailleurs, il n’existe quasiment pas de possibilité de trouver des investisseurs pour des entreprises qui démarrent juste et qui n’ont pas encore d’activité commerciale, d’où la nécessité de s’adresser aux autres financeurs, les banques ou les aides régionales.

Si on se place maintenant dans le cas où l’entreprise a la possibilité de s’adresser soit à des banques soit à des investisseurs, elle devra arbitrer entre deux modèles de financement que tout oppose … ou presque.


Se financer auprès des banques

Selon la Banque de France, les banques prêtent de plus en plus aux PME. Ce n’est pas ce qu’on constate sur le terrain car une PME est une structure juridique qui peut avoir de 10 à  quelques centaines de salariés. Et il est clair qu’une banque ne regardera pas du même œil la jeune pousse qui a 10 salariés, du petit groupe qui en a 300.

Quoiqu’il en soit, la première différence est que la banque va prêter de l’argent et va donc vouloir s’assurer d’une seule chose : que l’entreprise sera en capacité de la rembourser … Cela va induire trois conséquences pratiques pour l’entreprise qui souhaite emprunter :
  • elle va devoir disposer d’un certain historique pour « prouver » sa capacité à rembourser
  •  elle va devoir disposer d’un certains nombres d’actifs tangibles (matériel, bâtiments, etc.) que la banque pourra préempter en cas d’incapacité à rembourser le prêt consenti
  • le dirigeant va souvent devoir être caution sur ses biens propres pour se substituer à l’entreprise en cas de défaillance de celle-ci.

Tout cela n’est donc pas très engageant …

A cela s’ajoute que la banque ne va pas aider l’entreprise à se développer. Elle pourrait peut-être le faire car elle dispose dans ses fichiers de contacts qui seraient sans doute intéressants pour l’entreprise. Mais, sauf si le chargé d’affaire le fait de sa propre initiative, la banque ne va pas s’impliquer officiellement dans le développement de l’entreprise.

Pour faire simple donc, sauf pour de petits montants et pour financer certaines activités, il n’est pas forcément facile d’obtenir un prêt bancaire pour une startup qui se lance.

Le tableau n’est toutefois pas si noir que cela car il existe des banques qui ont compris que moyennant une prise de risque initiale, cela pouvait être une bonne opération à moyen terme. Elles ont donc mis à disposition des startups des lieux où celles-ci peuvent se développer. Parmi ces initiatives on peut citer les plus remarquables qui sont les « Villages » du Crédit Agricole et « l’Atelier » de BNP Paribas.


Les investisseurs

Le comportement général des investisseurs envers les startups est à l’opposé de celui des banques.
La raison est simple : un investisseur investit son argent contre une partie du capital de l’entreprise. Il attend donc un retour sur investissement le plus important possible.

Concrètement cela va se traduire par une implication (en principe) de l’investisseur dans l’entreprise : ouverture du carnet d’adresses, mentoring du dirigeant, etc..

Cela peut même aller jusqu’à une mise sous pression du dirigeant pour qu’il atteigne, voire dépasse les objectifs fixés car qui dit objectifs dépassés, dit valorisation qui augmente et donc sortie de l’investisseur avec une plus-value importante.

Ce qui va donc intéresser l’investisseur ce n’est pas tellement le passé de la startup (qui est d’ailleurs peu significatif) mais bien son potentiel de croissance. En effet, plus la startup aura du potentiel, plus cela intéressera l’investisseur car, encore une fois, cela signifiera une plus-value importante à la sortie.

 


Mais tout n’est pas si simple

Il y a un profil de financeur hybride auquel on ne pense pas souvent mais qui pourtant peut intervenir aussi bien au premier tour de table qu’aux suivants, souvent en complément, ce sont les fonds issus des banques.

A mi-chemin entre des fonds d’investissement et des banques, ils ont souvent les avantages des deux.
Une des caractéristiques les plus importantes est qu’ils disposent souvent de leurs propres fonds. Autrement dit, ils ne sont pas contraints, comme certains fonds d’investissements classiques, de liquider leur participation à une échéance donnée. Cela signifie que si à la date de sortie initialement prévue, il faut rester un an de plus pour permettre à l’entreprise de passer un cap difficile, ils peuvent le faire.

L’autre point cependant est que même si toutes les banques disposent de leur propres fonds (régionalement ou nationalement), ces derniers n’ont en pratique que peu de lien avec la banque de détail correspondante.

En revanche, ils sont en général très bien introduits dans l’écosystème local, ce qui peut être un vrai avantage pour les startups lançant leur activité en région.


Pour conclure

Ce rapide panorama des principales structures de financement des startups (hors fonds régionaux et d’entreprises, qui feront l’objet d’autres post) doit vous permettre d’y voir un peu plus clair sur les sources de financement à obtenir en fonction de la maturité de votre projet, de sa localisation ou de la nature des dépenses à financer.

Une fois que vous établi votre feuille de route, vous pourrez donc définir votre plan de financement avec plus de précision !




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